SoC, alimentation et interfaces
Cet article est la suite du billet publié le 12 mai dernier
Afin de réserver l’espace disque à la partie émission -près de 4,5 décimètre cube-, l’intégralité de la section informatique est logée dans le boitier d’alimentation. Le SoC (system on a chip), son alimentation ac/dc, ses interfaces USB, ethernet et vidéo.
Le capotage alu protègera en partie la radio de tout rayonnement électromagnétique direct (je ne me fais pas d’illusion, les câbles de liaison vont bien véhiculer quelques parasites, les ferrites devront faire leur office). Il offrira au SDR un bloc numérique « modulaire », extractible ne nécessitant pas la moindre soudure ou dessoudure : chaque liaison transite par un connecteur spécifique : sorties Ethernet vers le SDR et le monde extérieur, prises d’alimentation 5V pour la partie filtrage et l’alimentation du SDR lui-même, sortie vidéo vers l’écran escamotable, sortie USB vers le clavier, la souris, la console de contrôle et de pilotage… probablement même l’alimentation d’un éventuel amplificateur de puissance et/ou batterie 12V interne (lesquels seront logés dans le boitier d’extension)
Ce qui ne gâche rien, le boitier d’alimentation intègre d’origine un filtre secteur exceptionnel. Les constructions Compaq des années 80 étaient à la hauteur de leur réputation… et de leur prix (9000 dollars la machine, la plus puissance du marché à l’époque)
Après alimentationectomie de l’électronique d’origine, la première modification a consisté à fileter en M4 Iso les 4 points d’ancrage situés dans le boitier.
C’est sur ces points d’ancrage que son vissés 3 tiges filetées et un tube d’alu servant d’entretoise, lesquelles supporteront une plaque de fixation. Le premier prototype de cette plaque a été réalisé en FR4, la plaque définitive étant en aluminium.
D’un côté de la plaque, dans l’alignement du ventilateur, la carte CPU UP Squared, et à proximité du filtre secteur et de l’entrée 220V, une petite alimentation « open frame medical» de fabrication Taïwanaise, et capable de fournir 10 ampères sous air forcé. Ce qui ne sera jamais le cas, la carte cpu ne consommant que 6 Ampères, et le reste de l’électronique radio moins de 2 ampères. Au pire, un ventilateur 5V peut être ajouté sur le fond de caisse.
Sur le coté pile de la plaque, également dans l’axe du ventilateur, un commutateur « semi-intelligent » Zyxel 5 ports gigabits, et, sur le côté opposé, un hub USB3.0 4 ports.
Le Zyxel est un commutateur “non administrable”, mais capable d’offrir un semblant de QoS “matérielle” selon le connecteur utilisé. Le port full speed est situé sur la gauche –en vert-, les deux ports suivants sont considérés comme prioritaires, les deux autres sont réservés au trafic non critique. En toute logique, la carte SoC est reliée au connecteur vert, et le premier brin prioritaire sert à relier le SDR et les quelques 120 MSPS de flux dans les moments les plus intensifs.
le troisième câble est également branché sur un port jaune à haute priorité, puisqu’outre le travail “internet” lent –synchro ntp, mise à jour du noyau et autres contingences logicielles- il servira également à piloter le SDR depuis n’importe quel poste client situé sur le réseau local ou en remote.
La carcasse du boitier lui-même supporte
– Les 6 sorties 5V (alimentation du Red Pitaya ou de l’Hermes Lite 2.0, de l’écran TFT 10 pouces, de sa carte interface, et des filtres LPF et HPF de sortie). Ces sorties sont reliées à un connecteur hermaphrodite Anderson
– Une sortie vidéo HDMI
– 4 fenêtres découpées à la hâte pour accéder aux connecteurs femelle du hub USB
– Le ventilateur -sous-watté et alimenté en 5 V pour la durée des essais
Sur la seconde demi-coque du boitier d’alimentation se trouve :
– L’entrée 220V et sa sortie filtrée
– Une carte audio USB fixée sur la face externe
– Un récepteur SDR 30/1700 MHz
Sur une cornière spéciale attenante au boitier d’alimentation, elle-même située à l’aplomb d’une fenêtre pratiquée sur l’arrière du boitier sont fixé
– Une prise et pigtail Ethernet Cat 6E pour raccordement externe du couple SDR/ordinateur
– Une entrée et une sortie audio (casque/HP externes et micro/entrée ligne). Ces deux jack sont des prises femelles « jack stéréo » pour câble de fabrication Rean/Neutrik… les prises jack châssis 3.5mm que l’on trouve tant dans le commerce Européen que chez les revendeurs Chinois (eBay, Alibaba) ne sont pas assez solides.
– Une sortie SMA femelle destinée à recevoir une antenne large bande VHF (entrée du récepteur SDR)
Trois câbles sortent directement du boitier d’alimentation. Il s’agit
– D’un tronçon de 30 cm de câble Ethernet Cat 6 destiné à relier l’ordinateur et le SDR principal (protocole Metis),
– Du « pigtail » Ethernet provenant de la cornière de support des connecteur externe et allant directement se brancher sur le commutateur Ethernet interne.
– D’un câble USB reliant le SoC et la carte son externe
Le boitier d’alimentation fermé et câblé. Tel que, il suffit de lui brancher un écran hdmi, un câble ethernet, un clavier et une souris pour qu’il soit exploitable en station de travail.
L’ajout d’une “carte son” externe n’est pas anodin. La section “audio” du Soc “Up Squared” utilise par défaut le port hdmi, et aucune sortie ou entrée BF n’est prévue sur la carte. Il faut donc ajouter une carte audio indépendante, reliée par bus USB.
Si les temps de latence gênent l’opérateur radio, il est alors très facile de remplacer cette carte par un boitier ASIO
beaucoup d’utilisateurs de SDR qui n’ont pas complètement compris ce qu’était une radio logicielle rêvent d’un transceiver “sans ordinateur” (nonobstant le fait qu’ils ne peuvent se passer d’un ordinateur relié à leur émetteur pour remplir leurs logs, consulter leur “cluster”, envoyer leurs “eQSL”, décoder les émissions numériques)
Cette quête du SDR sans ordinateur aboutit généralement à l’intégration d’un codec branché directement sur le SDR… oh, joie : cet ajout n’a que des avantages : il interdit tout usage du port I2S -généralement exploité par le protocole Alexiares de l’OpenHPSDR- et fait parcourir le signal démodulé deux fois de plus entre l’ordinateur et le transceiver. Accessoirement, ce genre d’accessoire ne sert qu’aux modes de transmission analogique/audio, et non aux communications numériques et large bande.
En toute logique, l’usage d’un codec est donc une hérésie. L’audio, qu’elle soit analogique ou numérique (freeDV par exemple) doit être traitée par l’ordinateur et en rester à ce stade.
Mais revenons à nos prises, fils, câblages et boîtiers.
Une prise de sortie 220 V sur connecteur Molex 4 points de contact sera ajoutée par la suite pour alimenter le coffret d’extension (ampli HF de puissance et couple batterie au plomb gélifié et son chargeur)
Ci-dessus, l’alimentation glissé dans son logement, est maintenue par deux rails de guidage puis fixée par 4 vis en fond de boitier. La couche de peinture couleur minium qui tapisse l’intérieur est en fait un traitement de surface cuivré déposée par galvanoplastie.
Au final
…. on se retrouve avec un Hermes Lite (qui aurait très bien pu être une carte Red Pitaya d’ailleurs) piloté par un Pentium quad core, affichant l’interface de Power SDR sur un écran 11 pouces (le système est dual boot, on peut également jouer avec GNU Radio, Quisk, LinHPSDR etc). L’extension “carte longue” abritera un amplificateur à LDMOS 400 W max à base de MRF 300 en push-pull. Tout en conservant la possibilité de désactiver le système internet et exploiter le SDR en station distante via réseau.
Paradoxalement, la partie la plus ennuyeuse a été de réécrire le mapping clavier, car les antiques AZERTY de la période IBM XT sont loin d’être compatibles avec les standards USB actuels (et je tenais à conserver l’extérieur du Compaq “dans son jus”)
